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A l'étude

« Rien n’est plus douloureux, plus angoissant, qu’une pensée qui s’échappe à elle-même, des idées qui fuient, qui disparaissent à peine ébauchées, déjà rongées par l’oubli ou précipitées dans d’autres que nous ne maîtrisons pas davantage. (…) C’est l’instant dont nous ne savons s’il est trop long ou trop court pour le temps. Nous recevons des coups de fouet qui claquent comme des artères. Nous perdons sans cesse nos idées ».

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ? 1991

Piste 1

Porté par le vent : Photographies de zones ventées (massif de Crussol, mont Aigoual...) traces laissées par le vent sur le paysage. Identifier sur une carte le tracé des vents dominants dans ces zones extrêmement ventées. Sur le terrain suivre le parcours des vents, se laisser porter par eux à la recherche des anémomorphoses.

Piste 2

Le village : photographies d’éléments de paysages collectés dans plusieurs villages environnants et regroupé comme faisant partie d’un seul et même village. L’église, le lavoir, la place du village, autant d’éléments qui constituent l’identité visuelle d’un village type d’une région.

Piste 3

Traçabilité : Photographier un jeune taurillon charolais de sa naissance à sa mort en le suivant dans ses différents lieux de vie. Certains jeunes taureaux nés dans le charolais sont destiné à la reproduction et vendus lors de ventes aux enchères. Les acquéreurs sont bien souvent des éleveurs éloignés de la région, certains viennent de l’extrême européen pour enrichir leur cheptel. De son lieu de naissance, les paysages dans lesquels il s’ébroue pour la première fois aux lieux de reproduction de ses futurs éleveurs, identifier ce qui dans le paysage fait continuité.

Piste 4

Chemins de désir : Il y a les parcours imposés, les espaces qui contraignent et les chemins détournés. Le corps dans la cité est souvent soumis au dictat des urbanistes des paysagistes. Mais il se rebelle, cherche d’autres marques, d’autres trajectoires.

Rechercher dans les paysages urbains en cours de mutation, les traces de ces itinéraires déviants.

Piste 5

Compositions composites : Proposer à la déchetterie de faire une série de photographies des bennes à déchets recyclable vues de dessus lorsqu’elles sont pleines. La frontalité associée à traitement de la lumière avec peu d’ombres donne à voir des compositions qui se situe entre dessin et peinture. Les déchets prennent ainsi une valeur esthétique insoupçonnée.

Piste 6

Côtes à côtes : Photographies de part et d’autre de la Manche à la hauteur de la côte d’opale. Le brexit est une situation de rupture qui scinde en communautés qui se font face et se défient. Identifier sur une carte les lieux qui de part et d’autre de la Manche « se font face ». Photographier ces façades, ces espaces miroirs. Les associer côte à côte, les réunir.

Piste 7

Retour vers le profane : De nombreux pèlerins vont à Saint jacques de Compostelle, empruntant à pied le chemin qui traverse la France et l’Espagne. A l’origine le retour se faisait souvent en empruntant le chemin inverse, aujourd’hui des avions charters rapatrient les marcheurs vers leurs lieux d’origine. Ce retour accéléré ne permet pas d’évacuer la charge spirituelle accumulée lors du trajet allé, il manque une dimension au voyage, celle d’un retour au profane, au réel.

Faire uniquement le parcours de retour en pratiquant une photographie de style documentaire, désaffectée au maximum pour rendre compte des paysages, de leurs immanences.

Piste 8

Surexposés : Photographier des lieux d’exposition, galeries, musées, salles d’exposition dans l’entre-deux des accrochages, lorsqu’elles sont vides, les murs blancs. Des espaces rendus à leur vie de murs enfin libérés, ils respirent, retournent à leur matérialité brute.

Piste 9

Les lumières de la campagne : De nombreux villages et hameaux sont éclairé par un unique lampadaire. Souvent vacillant telle la dernière lueur d’un incendie presque éteint. Les lumières de la ville plus ou moins proche semblent avoir captée toute l’énergie, seul quelques points lumineux éparses rappellent qu’ici subsiste une forme de vie.

Piste 10

Issues de secours : Au loin… Une échelle, posée contre un arbre, un mur, celui d’une grange ou mur de clôture… mais au loin. Comme un point de fuite, une échappée.

Si possible au premier plan une sécession d’éléments qui conduisent à cette échelle, chacun comme un échelon à gravir conduit le regard ou il peut s’échapper.

Comment sortir de la photographie ? Comment en sortir ? comment s’en sortir ?

Piste 11

A vendre : Des photos de paysages, des entrées de villes où sont présents de nombreux panneaux de publicité de petits formats, plantés sauvagement. Les textes publicitaires ont été remplacés par des photographies, des portraits en noir et blanc de visages anonymes

Piste 12

bancs publics /vies privées : Des amoureux enlacés, un couple qui pique-nique, un clochard qui dors, un couple de personnes âgées et ses petits enfants qui tournent autour, un joggeur qui reprend son souffle, un groupe de jeunes assis sur le dossier avec les pieds sur l’assise, une personne âgée qui donne à manger à des pigeons, un cadre et son ordinateur portable, deux copines cotes à cotes chacune en train d’envoyer des sms, un joggeur qui utilise le banc pour faire des mouvements d’élongation,…

Piste 13

Le grand remplacement : Identifier sur une carte les limites d’exploitation de la vigne, limite qui avec le réchauffement climatique va évoluer. Photographier les vignobles qui dans des lieux improbables rappellent l’inexorable invasion de cette plante méditerranéenne.

Piste 14

Retour vers le profane : De nombreux pèlerins vont à Saint jacques de Compostelle, empruntant à pied le chemin qui traverse la France et l’Espagne. A l’origine le retour se faisait souvent en empruntant le chemin inverse, aujourd’hui des avions charters rapatrient les marcheurs vers leurs lieux d’origine. Ce retour accéléré ne permet pas d’évacuer la charge spirituelle accumulée lors du trajet allé, il manque une dimension au voyage, celle d’un retour au profane, au réel.

Faire uniquement le parcours de retour en pratiquant une photographie de style documentaire, désaffectée au maximum pour rendre compte des paysages, de leurs immanences.

Piste 15

Parcours contraints : S’inspirer des « Rêveries du promeneur solitaire » de J. J. Rousseaux en parcourir les lieux et les thèmes suivant le même plan. Le parcours imposé n’est plus uniquement un topo mais un logos.