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Note d'intention
"Intramuros"

Proposition en réponse à un appel à candidature lancé par  Le Centre d’Art Contemporain LES CAPUCINS à Embrun. 
Pas de thème imposé

http://lescapucins.org/

 

 

Intra-muros : Tout est là, contenu dans ce mot, ce qui se fait, se produit et se gère de l’intérieur.

 

L’architecture des lieux dédiés à l’art, que ce soit en termes de production ou de monstration constitue le moule dans lequel l’art prend forme. La définition d’une production artistique sa catégorisation dans les différents registres du monde de l’art est intimement liée à la nature des lieux qui lui sont associés.

 

S’opère là, dans ses murs, une forme de production de la valeur, une patrimonialisation qui selon le sociologue Luc Boltanski fonctionne comme un « enrichissement », une économie qui repose moins sur la production de choses nouvelles qu'elle n'entreprend d'enrichir des choses déjà là ou qui, par une mise en récit de ses conditions d’apparition donne une valeur à de nouvelles créations. (1)

 

De nombreux artistes, de Duchamp à Warhol et bien d’autres encore ont su questionner la nature de la métamorphose, de la consécration qui nous fait passer du trivial de l’objet au sublime de l’œuvre d’art. Rien de nouveau donc depuis Pierre Joseph Proudhon qui pense l’art comme une mise en relation, la transmission d’un témoignage d’estime (2) à Gilles Deleuze qui voit dans la déterritorialisation un devenir-expressif (3), la production d’œuvres d’art reste une affaire de contexte. 
 

Le Centre d’Art Contemporain LES CAPUCINS se positionne « non pas comme un simple relai de ce qui a déjà été exposé, mais au début de la chaîne de dif­fu­sion » …, « Les artis­tes sont invi­tés le plus sou­vent à réa­li­ser des pièces iné­di­tes en consi­dé­rant le contexte spé­ci­fi­que des Capucins ».  L’espace d’exposition qui constitue le cœur du dispositif mis à disposition des artistes en résidence doit donc être vu comme la matrice d’où sortira l’œuvre, il n’est pas seulement l’abri où l’œuvre trouve protection, ni la cimaise qui sert de support à sa monstration mais « le contexte », l’espace qui lui donnera forme et force.

 

« Et pourtant : qu’est l’espace ? Que signifie la confrontation de l’artiste avec l’espace ? Qui doit nous donner réponse à ces questions ? On fera valoir qu’à ce sujet l’artiste lui-même est le plus averti. Il accomplit une confrontation avec l’espace. Certes, mais peut-il, dans cet accomplissement et à travers lui, déjà savoir ce qui advient en une telle confrontation ? »(4)

 

C’est cette « confrontation » que je propose de mettre au centre de ce travail, il sera question d’utiliser l’immanence propre au médium photographique et son fort pouvoir dialectique pour questionner et ouvrir le débat sur la nature du processus qui s’opère dans ces lieux.

 

A cette fin, la restitution prendra la forme d’une installation dans laquelle la photographie sera utilisée comme révélateur du lieu, elle en donnera une lecture introspective.

 

1 Luc Boltanski, Enrichissement

2 Pierre Joseph Proudhon, Du principe de l’art et de sa destination sociale

3 Gilles Deleuze et Felix Guattari, Capitalisme et schizophrénie 2 : Mille plateaux

4 Martin Heidegger, Remarques sur art — sculpture — espace