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Note d'intention
"Orientations"

« Les signifiés sont comme des êtres mythiques, d’une extrême imprécision et [...]

à un certain moment ils deviennent toujours les signifiants d’autre chose. »

Roland Barthes, L’empire des signes

 

L’origine du terme « orientation » et sa polysémie sont là pour nous rappeler l’indéfectible lien qui existe entre géographie et identité. La volonté de tout pouvoir religieux ou politique de vouloir focaliser les visions dans une seule direction a toujours eu besoin de lieux symboliques pour exercer la médiation et ainsi créer une communauté des regards à partir d’une centralité matérialisée.

 

La Chapelle du Saint Esprit a perdu son caractère religieux et par la même occasion la symbolique qui lui était associée.  Aujourd’hui reconvertie en lieu d’exposition elle est considérée comme un simple volume mis à disposition des artistes.

La notice purement descriptive annexée à l’appel de candidature défini le lieu par ses dimensions, son volume et ses accès. Des photographies dont les légendes précisent les matériaux mis en œuvre donnent à voir un espace désaffecté et tendent ainsi à affirmer le caractère de neutralité du lieu.

 

Mais peut-il échapper à son histoire, à son origine symbolique matérialisé dans son architecture, dans son implantation, n’est-il pas inscrit dans une géographie symbolique qui recouvre d’autres mythes, d’autres visions encore d’actualité?

 

Par le va et vient produit dans l’articulation propre à l’œuvre d’art, celle de sa centralité couplée à sa capacité de projeter l’imagination dans d’autres dimensions, je souhaite créer les conditions d’une lecture topographique qui insiste sur la nature symbolique du lieu, sur l’influence qu’il exerce sur l’œuvre mais également sur la capacité de l’œuvre à se jouer des forces en présence.

 

Le projet :

 

La plupart des lieux de culte en occident adoptent un plan Est /Ouest (autel à l’est) pour autant aucunes règles n’étaient imposées par l’église chrétienne et certains historiens voient dans cette implantation la résurgence d’anciens rites païens.

 

La Chapelle du Saint Esprit respecte ce plan et l’aménagement particulier de la nef (plancher au sol) impose aujourd’hui encore cette lecture au visiteur.

 

De nos jours cette orientation du bâtiment semble ne plus avoir d’importance, pourtant à y regarder de plus près il me semble qu’une autre lecture y est inscrite, celle d’une identité péninsulaire dont les particularismes sont souvent mis en avant.

 

Le projet que je propose sera constitué de prises de vue photographiques organisées de manière à faire de la Chapelle du Saint Esprit le centre de gravité des paysages environnants, manière de questionner la centralité propre à l’œuvre d’art et par la même occasion de faire apparaître une nouvelle dimension symbolique liée à l’orientation de ce bâtiment.

 

Le système de monstration sera constitué de 12 bannières verticales composées de 3 photos de paysage suspendues en périphérie du volume de la chapelle (1).

Les cimaises seront laissées blanches pour accentuer l’effet de centralité.

Prises de vue réalisées dans l’axe de l’accrochage avec :

 

 

 

 

Photographie du haut :
Prise de vue à 3 jours   de marche

 

 

Photographie du milieu :
Prise de vue à 1 jour   de marche

 

 

 

Photographie du bas :
Prise de vue à 1 heure   de marche

 

 

 

Compte tenu de l’orientation de la chapelle tous les panneaux se terminent donc dans la mer, sauf un : celui du Cœur