Lieux-dits

Travail photographique réalisé sur la commune d'Anost dans le Morvan, dans le cadre d'une résidence artistique de 6 mois (2020/2021).

La toponymie, cette science qui étudie les noms de lieux a de tous temps représenté un enjeu politique car nommer, c’est s’approprier, nommer est une manière d’appréhender le monde pour mieux s‘en saisir.

La Maison du Patrimoine Orale de Bourgogne est un centre régional de ressource pour les cultures immatérielles de Bourgogne, elle est installée à Anost dans le Morvan.

C’est un site de l’Écomusée du Parc Naturel du Morvan, ethnopôle spécialisé dans la médiation scientifique et culturelle de l’oralité.

En 2019 ma candidature a été retenue par la MPOB pour réaliser une résidence de recherche en tant que photographe. Résidence qui devait durée trois mois. En réalité, le parti pris artistique m’a conduit à étaler ma présence sur place pendant trois ans. Cette résidence est encadrée par l’équipe scientifique sur place, sous la responsabilité de

Jean-Baptiste Bing, géographe, directeur de la MPOB et Caroline Darroux, ethnologue et

responsable scientifique.

La MPOB possède un important fonds toponymique, le Fonds Gérard Taverdet.

Ma proposition a été de travailler à partir de ce fonds, selon deux volets :

- Avant tout, je souhaitais réactiver le lien entre les habitants et un paysage mis à mal par une exploitation forestière intensive soumise à une importante pression économique. La photographie dans son registre documentaire permet de porter à la

connaissance certains faits, toutefois cette prise de conscience reste volatile.

Je voulais travailler sur la durée, afin de réactiver ce lien profond qui unit un individu à son territoire, et ainsi l’amener à porter un regard bienveillant sur son environnement. Pour ce faire, j’utilisais le médium photographique dans le but de

faire générer du discours, amener à une prise de parole autour des noms de lieu, de leur histoire, des souvenirs qui leur sont associés.

Cette appropriation de l’espace par le langage est à l’origine de la toponymie.

- Je proposais également à la MPOB de travailler à l’élaboration d’une mise en récit de ce travail.

Les moyens traditionnels de monstration de la photographie ont tendance à décontextualiser le travail réalisé, à le couper des linéaments qui l’ont fait naitre. Dans ce cas, il s’agit également de réactiver un lien, celui entre le spectateur et

l’artiste, et d’inscrire un travail dans un processus, d’en faire percevoir les fondements et les développements possibles.

Projection /débat :

- 2020 Anost - Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne

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