Palimpseste

(Extraits)

L'oubli n'est autre chose qu'un palimpseste.

Qu'un accident survienne, et tous les effacements revivent dans les interlignes de la mémoire étonnée 

V. Hugo, Homme qui rit, t.2, 1869, p.163

 

Pour inscrire leur travail dans les sites existants, de nombreux architectes utilisent comme métaphore le palimpseste. Le mot fait référence à ces manuscrits médiévaux dont on effaçait le texte d’origine pour en inscrire un nouveau, par souci d’économie de parchemin. Souvent, au cœur du second texte, surgissaient des bribes du premier. Par analogie, le lieu devient un manuscrit sur lequel sont laissées des traces, matérielles ou mémorielles, d’occupations anciennes.

 

Le palimpseste comme désir d’effacer les signes d’autrui, comme table rase où reconstruire, comme imposition d’une écriture sur l’autre, mais aussi palimpseste comme co-présence, réaffleurement de traces que l’on croyait ensevelies.

L’Hôtel-Dieu de Cluny est un lieu en mutation, il se vide de ses résidents en fonction de l’avancement des travaux de construction du nouvel hôpital.

Ce lieu au devenir incertain est représentatif de nombreuses mutations passées et en cours :

  • Évolution des besoins en matière de santé,

  • Réajustement des politiques budgétaires,

  • Sécularisation de la société,

  • Sanctuarisation ou muséification des lieux de mémoire,

  • Pression immobilière,

Autant de contraintes qui impactent le bâti, impriment leur nécessité en strates qui se recouvrent, se superposent et se jouxtent.

Ces transformations induisent de nouvelles représentations, mais il suffit d’un « accident », pour que « les effacements revivent ».

Le travail photographique que je propose consiste à faire un relevé photographique des lieux avec mise en avant, dans la mesure du possible, des « zones de réaffleurement des traces ».  Le travail de prise de vues proche par son coté systématique d’un relevé « d’états des lieux » constituera la matière première du projet.

La sélection qui résultera de l’examen de ces « données », sera orientée pour rendre compte de la nature complexe de la notion de patrimoine historique. Faut-il, en effet, considérer l’objet résultant de la superposition des empreintes laissées par les différents usages successifs comme matière à remémoration ou chercher à revenir à ce qu’a pu être ce bâtiment à l’origine de sa construction.  

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